Cancer colorectal et FIT test

30 août 2016

Le cancer colorectal, troisième type de cancer le plus diagnostiqué au Canada

Parler de cancer colorectal c’est parler de cancer du côlon ou du rectum, rectum et côlon formant la dernière partie du gros intestin, ces derniers ayant un point commun à savoir la muqueuse intestinale, point de départ de ce type de cancer. A noter d’ailleurs que les cancers du côlon sont beaucoup plus fréquents que les cancers du rectum.

Cancer touchant sans distinction les hommes et les femmes, il est extrêmement répandu notamment en Amérique du Nord, le Canada étant principalement touché par ce véritable fléau, ce type de cancer étant alors la deuxième cause de mortalité de tous les types de cancers confondus dans ce pays.

Les chiffres sont parlant rien que pour l’année 2014: près de 24000 canadiens ont été diagnostiqués atteints du cancer-colorectal, près de 9000 en sont morts soit environ 25 décès par jour.

C’est donc une tumeur maligne (appelée aussi adénocarcinome) dont l’évolution se fait sur plusieurs années voir une décennie et qui est le résultat de mutations au niveau des gènes. Elle se forme à partir de polypes adénomateux le plus souvent bénins (le polype étant une tumeur bénigne qui a alors l’apparence d’excroissances), polypes situés dans la muqueuse intestinale, paroi tapissant l’intérieur de l’intestin. Vous comprenez alors la nécessité de se faire diagnostiquer très tôt afin de procéder notamment à l’ablation chirurgicale de ces polypes bénins avant leur évolution cancéreuse.

En effet non traité, le cancer peut se propager aux autres organes et donc métastaser notamment au niveau du foie et des poumons. Dès lors les chances de guérison s’amenuisent mais surtout le pronostic vital est alors très nettement engagé.

Un risque de cancer qui augmente avec l’âge mais pas que!

On distingue donc plusieurs facteurs favorisant ce type de cancer:

  • Le principal facteur exposant une personne à ce type de cancer reste l’âge. C’est en effet un cancer qui touche principalement les personnes de plus de 50 ans.
  • La présence de ces fameux polypes adénomateux ou tumeurs bénignes est aussi un facteur aggravant car vous le savez maintenant, ces polypes peuvent évoluer en tumeurs malignes. La clé reste encore le dépistage précoce afin de surveiller et traiter ces polypes lorsqu’ils sont encore bénins.
  • Une maladie inflammatoire chronique (maladie de Crohn entre autre) crée aussi un terrain favorable à l’apparition de ce cancer.
  • Un diabète de type 2 doit aussi pousser à une vigilence / vigilance toute particulière.
  • Le facteur héréditaire est lui aussi confirmé, les risques de ce type de cancer augmentant dans une famille où des cas de cancer ont déjà été diagnostiqués.
  • L’alimentation (une consommation excessive et régulière de graisses animales et de viandes rouges et à contrario une faible consommation de fruits et légumes) (à noter que les aliments riches en vitamine D sont bénéfiques et protecteurs contre ce type de cancer (saumon, huile de foie de morue, truite, hareng…)) et la sédentarité (surpoids, obésité, manque d’activité sportive…) mais aussi le tabagisme ou une grosse consommation d’alcool constituent des facteurs aggravants. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que dans des pays où la culture du « manger sain » est ancrée chez ses habitants (le Japon par exemple), on remarque que la population est très peu touchée par ce type de cancer.

Votre hygiène de vie est donc primordiale!

Les symptômes inquiétants qui doivent vous alerter

Certains symptômes, en dehors de tous les facteurs aggravants que j’ai pu vous citer, doivent vous amener à procéder à un test de dépistage rapide.

En effet avez-vous observé un ou plusieurs de ces symptômes?

  • des troubles digestifs persistants: diarrhée, constipation, besoins d’aller à la selle plusieurs fois par jour, douleurs abdominales et/ou douleurs au niveau de l’anus?
  • une grande fatigue inexplicable?
  • une perte de poids importante et inexplicable?
  • du sang mêlé aux selles rendant ces dernières rouges (rectorragie) ou noires?

.. tout cela doit alors vous amener à pratiquer un dépistage!

Le dépistage: éviter la coloscopie c’est enfin possible!

Se faire dépister dès 50 ans c’est avant tout se faire surveiller et c’est la clé concernant ce type de cancer dont les symptômes ne sont pas toujours présents dès le début. En effet le dépistage a un objectif précis à savoir traiter chirurgicalement de façon précoce les polypes bénins qui pourraient poser problème et hypothétiquement avoir un risque cancéreux.

Procéder à un dépistage précoce avant même la survenue d’un ou plusieurs symptômes, c’est donc éviter la survenue de ce cancer et une propagation inévitable de la maladie avec métastases avec tous les traitements extrêmement lourds inhérents à ce type de pathologie: radiothérapie, chimiothérapie, prise médicamenteuse handicapante dans la vie de tous les jours…

Bien entendu si un ou plusieurs symptômes apparaissent, le dépistage devient une nécessité afin que les chances de guérison soient les meilleures possibles.

La coloscopie

Quand on parle de dépistage, on pense tout de suite à la coloscopie, un examen contraignant réalisé sous anesthésie générale ce qui permet alors de détecter de possibles lésions grâce à un tube équipé d’une caméra vidéo qu’on fait passer par le rectum puis le côlon afin d’avoir une vue précise du gros intestin. Toute lésion suspecte sera prélevée par biopsie afin d’effectuer un examen en laboratoire médical.

Dès lors il faut savoir qu’éviter la coloscopie c’est enfin possible et depuis peu cependant cet examen médical invasif sera nécessaire si le test de dépistage non invasif est positif afin de confirmer la présence du cancer colorectal à 100%. Dès lors de quel test s’agit-il?

Le FIT test (Test Immunochimique Fécal) ou Test immunochimique de recherche de sang occulte dans les selles (RSOSI)

Prescrit par votre médecin, ce test sera, en l’absence de résultat positif, à effectuer tous les deux ans afin de poursuivre la surveillance dès 50 ans et ce jusqu’à 74 ans. Encore une fois même en étant en bonne santé, effectuer un test RSOSI doit devenir un réflexe peu importe votre sexe.

L’intérêt majeur du FIT test (mis à disposition des patients que très récemment, depuis septembre 2013 au Québec précisement) est que le patient peut l’effectuer à la maison, (sans aucune diète) ce qui lui évite alors le caractère invasif de la coloscopie. Grâce à un kit de prélèvement (remis gratuitement par votre médecin ou votre centre de prélèvement muni d’explications claires et précises, le patient n’aura plus qu’à suivre le mode d’emploi en n’oubliant pas de remplir toutes les données relatives à son identité et au prélèvement en lui-même. Le recueil des selles (non mélangées à de l’urine; le test devra être reporté en cas de menstruations ou en présence d’hémorroïdes saignantes) dans le tube de prélèvement est extrêmement simple, rapide et efficace concernant la détection des cancers débutants et des polypes, le prélèvement unique fraichement réalisé étant à retourner sous 48 heures au laboratoire médical afin d’être analysé, les résultats étant alors transmis à votre médecin.

Les différentes étapes du recueil des selles

Suivez ces étapes, elles sont simples mais il est important de respecter le protocole pour que les résultats puissent être parfaitement fiables.

  • Nous vous recommandons de mettre une pellicule de plastique sous le siège de la toilette et de rabattre le siège.
  • Effectuer une selle de la grosseur d’un raisin vert (petite quantité).
  • La selle ne doit pas entrer en contact avec l’eau de la toilette ou l’urine.
  • Refermer la pellicule de plastique et déposer le dans un petit sac de plastique.
  • Conserver l’échantillon au frais (glacière avec glace ou au réfrigérateur).
  • L’infirmière se présentera et effectuera le prélèvement à même la selle en question.

Un test positif entrainera une coloscopie systématique afin de confirmer le diagnostic et d’éliminer la possibilité de cancer, un test positif n’étant d’ailleurs pas toujours synonyme de cancer avéré, la présence de sang dans les selles pouvant être à l’origine d’une autre maladie plus ou moins grave.

Vous l’aurez compris, le dépistage est donc la seule et unique façon de prévenir ce type de cancer!

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