Le diabète

7 juillet 2016

Le diabète, un fléau à l’échelle planétaire.

Et oui parler de diabète aujourd’hui c’est déjà penser à demain. Le nombre de personnes atteintes du diabète dans le monde s’élevait déjà à plus de 150 millions de personnes il y a une vingtaine d’années. Les chiffres sont alarmistes, ce nombre aura en effet doublé d’ici 10 ans. On ne peut donc pas prendre cette maladie à la légère car elle peut concerner chacun d’entre-nous !

Comment peut-on définir le diabète exactement ?

Le diabète est un trouble au niveau du parcours du sucre dans le sang et plus précisément au niveau de son assimilation, de son utilisation et de son stockage lors de l’alimentation et ce à tous âges. Les adultes ne sont en effet pas les seuls touchés par cette maladie chronique qui se traite pour éviter toutes complications. On ne guérit pas du diabète mais on vit très bien avec!
Il faut bien comprendre que le sucre n’est pas cantonné aux pâtisseries et autres bonbons qui par définitions sont saturés en sucre. En effet, les aliments que vous ingérez se décomposent en 3 groupes: les lipides, les protides et les glucides, glucides regroupant les fameux sucres qui nous intéressent en l’espèce, des sucres fournissant l’énergie au corps, à tous ses organes et à toutes les cellules de l’organisme afin de fonctionner correctement.

Dès lors lorsque vous vous alimentez, ce sucre, après être passé par la paroi intestinale, se retrouve dans le sang. L’effet immédiat après un repas est donc une augmentation du taux de sucre dans le sang, c’est ce qu’on appelle la glycémie. Jusque là, rien d’anormal pour une personne non atteinte de diabète. Un non diabétique verra alors les cellules du pancréas (appelées aussi cellules bêta des îlots de Langerhans) prendre le relai en secrétant la fameuse insuline permettant l’entrée du glucose dans les cellules du corps. La réaction en chaine se poursuit, l’insuline étant détectée par les cellules du foie, des muscles, des tissus adipeux… pour une consommation immédiate de ce sucre ou glucose ou pour une consommation future en le stockant.

Chez un non diabétique, même si le taux de sucre dans le sang augmente pour toutes les raisons que je viens de vous expliquer, l’organisme met en marche un processus qui va de fait rétablir l’équilibre en transformant ce surplus de sucre afin de répondre aux besoins de l’organisme. Le retour à la normale se fait donc automatiquement.

Là où cela coince chez le diabétique c’est que tout ce mécanisme ne fonctionne pas ou mal, le sucre restant dans le sang sans aucune possibilité d’effectuer « une purge » entre guillemets de ce surplus qui devrait alors être consommé par les cellules de l’organisme. Cela entraîne par conséquence une hyperglycémie (un taux trop élevé de sucre dans le sang).

On distingue alors deux types de diabète:

  • un diabète de type 1 (diabète insulino-dépendant ou DID) où les cellules du pancréas ne produisent justement plus d’insuline, les cellules bêta des îlots de Langerhans étant totalement détruites.
  • un diabète de type 2 (diabète non insulino-dépendant ou DNID) où soit le glucose ne peut pas passer dans les cellules afin d’être consommé ou stocké, l’insuline n’étant plus reconnu par les récepteurs des dites cellules, c’est l’insulinorésistance soit l’insuline est produite en quantité insuffisante (aussi appelé insulinopénie).

Dans tous les cas, le glucose ne peut plus passer dans les cellules, c’est donc le nœud du problème le taux de sucre restant à un niveau bien supérieur à la normale après les repas, le corps n’arrivant plus à jouer son rôle de régulateur.

Aparté tests sanguins: suis-je diabétique (de type 1 ou 2) ou non? Comment me faire dépister?

Le test par excellence reste la prise de sang que nous effectuons à jeun, analyses effectuées par nos laboratoires médicaux. Les données de référence chez un patient normal non diabétique sont les suivantes: une glycémie inférieure à 1,10g/l à jeun et inférieure à 1,40 g/l après le repas. Le diagnostic du diabète est confirmé lorsque la glycémie à jeun est égale ou supérieure à 1.26 g/l, (analyses effectuées à deux reprises) ou à n’importe quel moment de la journée lorsque la glycémie est égale ou supérieure à 2 g/l.

Le diagnostic peut aussi s’effectuer à travers la recherche de glucose dans les urines, c’est la glycosurie. Chez un patient non diabétique, le glucose en est absent.

Les différents types de diabète:

Un diabète de type 1 (diabète insulino-dépendant ou DID)
et un diabète de type 2 (diabète non insulino-dépendant ou DNID)

Le diabète de type 1 ou diabète insulino-dépendant

Définition du diabète du type 1

C’est le diabète qui touche une population jeune (moins de 30 ans), environ 15% des cas de diabète. C’est donc un diabète peu courant. Diabète de type 1 ou diabète insulino-dépendant, il est aussi appelé diabète sucré. Ce diabète comme on l’a vu est dû à une destruction par l’organisme des cellules bêta des îlots de Langerhans. Le glucose stagne donc dans le sang et n’est plus redistribué aux cellules qui en ont donc besoin comme cela l’est chez un sujet sain. On parle alors de maladie auto-immune, l’organisme s’attaquant à tort à ses propres cellules qu’il considère alors comme des corps étrangers.

Aparté: le diabète et le fœtus, les risques lors de la gestation

Mesdames, un seul conseil, le dépistage du diabète (test de glycémie) est essentiel car les risques pour le fœtus (malformations…) sont vraiment importants et c’est le cas notamment pour les femmes qui ignorent leur diabète!

A noter que diabète de type 3 appelé aussi diabète gestationnel est un type de diabète particulier qui survient pendant la grossesse, habituellement au cours du 2e ou du 3e trimestre, le pancréas n’arrivant plus à fournir le besoin en insuline croissant résultant de la grossesse.
Encore une fois, mesdames, un suivi et un contrôle sont nécessaires avant et pendant la grossesse afin de garantir la santé de la maman et du bébé.

Les causes de ce diabète

Les causes du diabète de type 1 n’ont pas été identifiées de façon certaines, on parle de causes multifactorielles même si on peut faire pencher la balance avant tout vers un facteur génétique et héréditaire. En effet, des parents souffrant de diabète de type 2 aggravent de manière significative le risque de transmission d’un diabète à leur enfant (sous forme de diabète de type 1 ou 2). La piste du facteur environnemental (taux de nitrate élevé dans l’eau potable notamment) mais aussi alimentaire (consommation de lait de vache durant l’enfance) est aussi évoquée.

Les signes cliniques

Les signes cliniques d’un diabète de type 1 chez le patient sont révélateurs et sans équivoque, la brutalité de leur apparition étant le signe numéro un par excellence: un patient atteint d’une fatigue profonde (asthénie), un patient ayant une insatiable envie de boire (polydipsie), un patient ayant des urines abondantes (polyurie), un patient subissant une perte de poids inexplicable, un patient ayant des douleurs abdominales, un patient ayant des infections à répétition. Consultez si vous avez le moindre doute. Il vaut mieux prévenir que guérir.

Un traitement à vie

Le seul traitement possible est donc de palier à ce manque d’insuline afin de réguler le taux de sucre dans le sang. Ce n’est aucunement un traitement permettant de guérir le diabète de type 1 mais bien un traitement permettant de suppléer aux manquements de l’organisme. Comme tout traitement, le sérieux et la responsabilité du patient à suivre les conseils de son médecin reste la clé du succès pour une qualité de vie proche de celle du non diabétique.

Les progrès de la médecine permettent au patient de se traiter de façon simple sans besoin d’aide extérieure soit par une injection manuelle de l’insuline à travers une seringue, soit par un système de pompe à insuline injectant l’insuline de façon continue, système implanté ou non chez le patient. La qualité de vie du patient n’en est qu’améliorée!

A noter que les greffes de pancréas, d’ilots de Langerhans sont à réserver aux cas les plus graves avec tous les risques de rejet que ce type d’opération engendre. De plus beaucoup d’espoirs sont aussi fondés dans les recherches actuelles sur un pancréas artificiel.

La prévention post diagnostic

Le régime alimentaire du diabétique doit être mesuré et résonné. Cela n’empêche aucunement le diabétique de s’alimenter de façon normale mais afin de conserver une glycémie à un taux non critique, ce dernier doit alors contrôler son apport en glucides afin de pouvoir gérer de son côté son apport en insuline. Il est important en effet de ne pas se laisser déborder, l’investissement du patient dans le contrôle de sa maladie est donc essentiel. Une alimentation pauvre en glucides est la base de tout. Privilégiez les cuissons sans graisses animales. Préférez les graisses végétales, les viandes maigres, les poissons, les fruits et légumes riches en fibres. Évitez absolument les boissons sucrées, tous les aliments riches en graisses hyper caloriques. Choisissez les bons glucides (le riz, les pois cassés, les haricots secs, les pâtes, les lentilles, les pois chiches…)

Une bonne hygiène de vie passe aussi par une activité sportive régulière (marche, footing, vélo…), un arrêt de la cigarette, une consommation d’alcool modérée et par une prise de repas à des heures régulières.

Le patient devra bien entendu procéder à des examens complets et réguliers mais aussi pratiquer une auto surveillance glycémique avant et après le repas à l’aide de bandelettes, d’autopiqueurs ou de lecteurs électroniques afin de pouvoir modifier les doses d’insuline à s’injecter.

Le diabète de type 2 ou diabète non insulino-dépendant

Définition du diabète de type 2

Le diabète de type 2 apparait surtout chez des patients de plus de 50 ans. Plus pernicieux que le diabète de type 1, ce type de diabète peut mettre des années voir des décennies à s’installer, ce diabète étant souvent découvert lorsque les complications de la maladie commencent à apparaitre (troubles visuels, infarctus…) donc souvent bien trop tard. C’est le diabète le plus sournois mais aussi malheureusement le plus fréquent.

Je vous le rappelle, ce type de diabète survient soit lorsque l’insuline ne joue plus son rôle, le glucose n’étant plus consommé ou stocké par les cellules de l’organisme, c’est l’insulinorésistance soit lorsque l’insuline est produite par le pancréas en quantité insuffisante (c’est l’insulinopénie), le pancréas se fatiguant au fil du temps notamment à cause de cette insulinorésistance.

Les causes de ce type de diabète

La génétique est un facteur aggravant mais ce n’est pas tout surtout dans ce type précis de diabète. En effet la sédentarité à travers un manque d’activité physique, une mauvaise hygiene vie plus globale avec ce qu’on appelle aujourd’hui la malbouffe ou junk food (fast food…), une alimentation trop riche en graisses (charcuteries…), un surpoids, un manque de surveillance médicale notamment en laissant s’installer le mauvais cholestérol dans le sang ou en ignorant une hypertension artérielle… sont un ensemble de facteurs qui amènent progressivement à un diabète de type 2.

Une prise de sang dès 40 ans devrait être systématique, qui plus est si les antécédents familiaux en terme de diabète ou si des risques tels que détaillés ci-dessus sont présents.

Les signes avant-coureurs

Maladie silencieuse, des symptômes peuvent tout de même survenir à l’instar du diabète de type 1 (grande fatigue, polydipsie…) mais ce sont souvent les complications qui mettront la puce à l’oreille de votre médecin.

Les traitements

Le premier des traitements qui sera mis en place sera bien entendu le respect d’une bonne hygiène de vie en plus d’une activité physique régulière et le respect d’un programme alimentaire strict sur les conseils d’un diététicien.

Le médecin surveillera l’évolution de la maladie à travers un contrôle sanguin rigoureux (la période de surveillance étant de 2 à 3 mois). Selon les résultats de la glycémie, le médecin jugera si un traitement oral est nécessaire ou non à travers des anti-diabétiques oraux (ADO) regroupés en 5 classes: les biguanides, les incrétines, les sulfamides hypoglycémiants et les glinides, les inhibiteurs des alpha-glucosidases, les inhibiteurs du SGLT2). Sans amélioration notable, le patient devra avoir recourt à des injections d’insuline.

Le diabète de type 1 et de type 2: des complications souvent très graves !

Non traité, le diabète de type 1 comme de type 2 peuvent en effet entrainer des complications très graves, l’hyperglycémie non régulée notamment chez un patient qui s’ignore malade ayant à terme des répercutions gravissimes sur les nerfs et les vaisseaux sanguins avec des conséquences irrécupérables sur certains organes essentiels du corps humain. Un diabète peut en effet entrainer une cécité, des amputations, des complications rénales, des AVC (accidents vasculaires cérébraux) mais aussi dans les cas plus graves un coma. L’hypoglycémie (taux de glucose trop bas dans le sang) en cas d’effort par exemple mais aussi l’acidocétose provoquée par une baisse de la quantité d’insuline donc une baisse du taux de sucre dans le sang sont aussi des complications fréquentes pouvant être de nature très sévère.

Un seul mot: dépistez-vous!

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