Hépatite B

6 septembre 2016

L’hépatite B une infection sexuellement transmissible principalement

Touchant près de 250 millions de personnes dans le Monde dans sa forme chronique, avec pas loin de 800000 morts par an, l’hépatite B n’est pas prise à la légère par l’OMS qui voit en elle un virus aussi meurtrier et préoccupant que le virus du Sida.

Pour être soi-même porteur du virus hépatite B (VHB) (de la famille des Hépadnavirus), il faut donc avoir directement été en contact avec une personne infectée, la transmission se faisant de plusieurs manières, on va le voir.

La transmission se fait par contact avec le sang de la personne infectée, mais la salive et le sperme sont aussi des vecteurs de contamination, le virus passant alors dans le sang ou à travers les muqueuses de la personne saine. S’attaquant au foie, organe vital du corps humain de part ses capacités régénératrices, filtrantes et éliminatrices, le virus de l’hépatite B a l’inconvénient de demeurer extrêmement contagieux en perdurant en dehors du corps de la personne infectée à travers des objets souillés par un fluide corporel par exemple et ce durant un laps de temps allant jusqu’à 7 jours. La prudence est donc de mise, on en reparlera lorsqu’on traitera de la prévention.

Dès lors les modes de transmission sont les suivants:

  • *les rapports sexuels sans préservatifs qu’ils soient oraux (cunnilingus, fellation, anulingus) ou lors de la pénétration anale ou vaginale
  • une transmission de la mère à l’enfant au moment de la mise au monde
  • la contamination par contact avec tous objets ayant été en contact avec un liquide corporel de la personne infectée, (rasoir, brosse à dents…), le virus étant très résistant à l’air libre
  • les baisers avec la langue (donc échange de salive) même si le risque reste faible
  • l’échange de matériel d’injection lors de consommation de drogue
  • la piqûre fortuite du personnel hospitalier, infirmier… par une aiguille contaminée

Des conseils de prévention

La prévention reste une clé de voûte du ralentissement de la propagation du virus au niveau mondial car la transmission par voie sanguine et par les muqueuses demande des mesures d’hygiène toutes particulières.

Il convient alors:

  • de ne pas utiliser les effets personnels d’une personne infectée (serviettes de bains, brosse à dents…) surtout tout matériel ayant pu être en contact avec le sang ou des secrétions biologiques de cette personne
  • pour le personnel médical, de porter une attention toute particulière lors du contact avec des personnes infectées et à tout ce qui a pu être en contact avec cette dernière. Les précautions sont donc de mise.
  • de se protéger peu importe le type de relations sexuelles que ce soit avec une personne connue ou non, dès lors que les deux partenaires n’ont pas effectué des tests complets en matière d’infections sexuellement transmissibles
  • de procéder à une vaccination de l’enfant dès la naissance (on va en reparler)

Des symptômes pas toujours présents

La période d’incubation du VHB, c’est à dire le laps de temps entre la contamination et l’apparition des premiers symptômes, varie de 1 mois à 6 mois selon les individus. Toute la difficulté du diagnostic réside dans le fait que les symptômes sont très souvent absents.
Les symptômes qu’on constate habituellement sont:

  • une perte d’appétit
  • des nausées
  • une fatigue inexpliquée
  • une jaunisse (ictère) (coloration jaune de la peau, conjonctivite…), symptôme d’une atteinte avérée au niveau du foie
  • des douleurs au niveau du ventre
  • une fièvre inexpliquée

Soit l’hépatite reste une hépatite aigüe (qui se soigne d’elle-même dans 90% des cas) soit elle se transforme en hépatite chronique (présente à vie dans 10% des cas), on en reparlera lorsqu’on abordera les traitements.

L’examen sérologique, une méthode de dépistage sûre et non invasive

Le virus de l’hépatite B est détecté par prise de sang en laboratoire, c’est la seule façon de savoir si l’on est ou non contaminé par ce virus, la détection étant optimale de 30 à 60 jours après l’infection. Le laboratoire  recherchera un type d’anticorps spécifiques, les Ac anti-HBc mais aussi un type d’antigènes spécifiques, l’antigène de surface HBs de l’hépatite B lors de l’analyse sanguine, des anticorps et des antigènes caractéristiques de l’infection donc de la mise en route du système immunitaire se défendant contre le VHB.

Une sérologie afin de pratiquer un dosage des transaminases dans le sang mais aussi un dosage de la bilirubine, sera aussi envisagée. En effet un mauvais fonctionnement du foie provoque une accumulation de la bilirubine. Dès lors le taux élevé de transminases ou de bilirubine indiquera de façon claire et irréfutable qu’il existe des lésions au niveau du foie. Seule une prise de sang est en mesure de confirmer le diagnostic.
L’hépatite B chronique sera elle confirmée par biopsie notamment.

Le traitement de l’hépatite B

Comme j’ai pu le préciser, l’hépatite B est soit une VHB aigüe soit elle devient chronique et dans ce dernier cas le patient en sera porteur à vie.

L’hépatite B aigüe passera d’elle-même (90% des cas), le médecin préconisant au patient non pas des médicaments spécifiques mais beaucoup de repos, un programme alimentaire équilibré, le patient devant alors consommer beaucoup d’eau et bien entendu l’arrêt de la consommation d’alcool afin de préserver le foie au maximum.

L’hépatite B chronique est elle traitée mais elle ne sera pas guérie (10% des VHB aigües évoluent vers une VHB chronique). On arrêtera la propagation du virus par des médicaments, notamment des antiviraux afin de contrôler une évolution beaucoup plus grave de la maladie, cette dernière pouvant dégénérer en cancer du foie ou en cirrhose. A noter que des interferons pourront aussi être prescrits.

Le vaccin reste donc l’arme majeure de protection contre ce virus, la vaccination étant conseillée:

  • pour les nouveaux nés
  • pour le personnel médical qui est plus exposé que le reste de la population
  • pour tous individus se rendant en voyage dans des zones endémiques
  • pour les consommateurs de drogue
  • pour les personnes multipliant les partenaires sexuels ou celles qui ont des rapports avec une personne atteinte de VHB chronique

Un rappel de ce vaccin est à effectuer tous les 10 ans.

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