Les allergies alimentaires

23 août 2016

Quand les allergies alimentaires compliquent la vie au quotidien

On l’a noté au fil des années, les allergies alimentaires (et plus precisément aux protéines des aliments) ne cessent de croitre dans la population mondiale, les enfants étant principalement touchés par ces allergies alimentaires et ce dès le plus jeune âge. Dès lors tous les aliments peuvent être responsables d’une allergie alimentaire ce qui rend la tâche compliquée au niveau de l’alimentation lorsque les allergies sont multiples chez un même individu, ce dernier cumulant alors les allergies à divers aliments voir étant atteint d’allergies croisées (le patient étant allergique à des aliments qui diffèrent par leurs formes mais qui sont en fait très proches de part la famille de protéines à laquelle ils appartiennent) le casse-tête est donc quotidien.

On distingue des familles d’aliments qui sont plus propices à l’apparition des allergies que d’autres. On pense notamment:

  • au lait de vache et tous les produits dérivés (yaourt, fromages…) dont les allergènes majeurs sont la bêta-lactoglobuline, l’albumine et la caséine, ce type d’allergie touchant principalement le nourrisson.
  • aux œufs dont les allergènes principaux sont l’albumine et l’ovomucoïde.
  • à l’arachide (cacahuètes, beurre de cacahuètes…)
  • aux fruits à coques (noix, noisettes, noix de cajou…)
  • au gluten d’où la  »mode » des aliments sans gluten popularisés notamment par de grandes stars du monde du sport (Novak Djokovic entre autre)
  • aux poissons et aux crustacés
  • au soja
  • au fruits (fraises…)

La liste étant non exhaustive car tout est potentiellement allergène.

On comprend alors que le diagnostic d’une allergie à un ou plusieurs aliments complique la vie des parents et des adultes. Passer du temps dans les supermarché à vérifier la composition des aliments, bannir les produits déjà transformés type sous-vide, surgelés et plats préparés… tout ceci demande une véritable organisation afin d’écarter la source de l’allergie surtout quand on sait qu’il existe très souvent des traces des principaux allergènes que je viens de vous décrire lorsque ces produits sont réalisés dans un cadre industriel, l’industrie agroalimentaire étant de plus en plus soumise légalement parlant à une obligation de clareté dans l’étiquetage de ses produits. En effet les allergies alimentaires ne peuvent pas être prises à la légère, le risque de mort par choc anaphylactique étant non négligeable.

Il faut de plus faire une différence entre intolérance et allergie alimentaire, l’intolérance alimentaire étant la résultante d’une difficulté du tube digestif dans l’assimilation de certains aliments contrairement à la véritable allergie alimentaire qui concerne le système immunitaire du patient avec des différences notables au niveaux des symptômes, pas aussi graves lors d’une intolérance alimentaire (diarrhée, douleurs intestinales…) et autrement plus graves en matière d’allergie (œdème de Quincke notamment avec des détresses respiratoires gravissimes)

Les causes, les symptômes et la prévention des allergies alimentaires

Les causes sont multifactorielles:

  • La voie génétique n’est pas à exclure, les antécédents familiaux pouvant expliquer la survenue d’une allergie chez l’enfant si le père ou la mère est aussi atteint d’une allergie plus ou moins importante. (allergie alimentaire ou non d’ailleurs)
  • Notre mode de vie est lui aussi un facteur non négligeable, nos sociétés hyper-aseptisées n’aidant pas le système immunitaire à s’adapter à notre alimentation notamment. Notre organisme est de moins en moins exposé, ce dernier étant alors moins tolérant lorsqu’il est en présence de micro organismes inconnus.
  • Une alimentation de plus en plus industrielle et de moins en moins saine avec l’ajout d’agents colorants, de conservateurs alimentaires, d’antioxydants, d’agents de texture… néfastes pour notre santé.
  • La présence croissante d’OGM dans notre alimentation avec une sélection excessive et contre-productive des variétés de végétaux par exemple et une création de nouvelles espèces végétales donc de nouvelles protéines beaucoup plus allergènes. (notamment dans leur concentration)
  • Une phase de diversification alimentaire trop précoce chez le bébé, le lait maternel jouant un rôle protecteur pendant les 6 premiers mois de la vie de l’enfant, l’introduction de nouveaux aliments autre que le lait devant se faire entre 4 et 6 mois de la vie de bébé.
  • la pollution de l’air agit aussi sur la propension de l’organisme à être plus facilement allergique à son environnement mais aussi aux aliments.

Les symptômes des allergies alimentaires

Si l’ingestion de l’aliment à l’origine de l’allergie est la cause majeure de cette dernière, un contact mais aussi une inhalation lors de la cuisson par exemple peut entrainer une réaction allergique au même titre que la simple consommation de l’aliment.

La quantité d’allergène absorbée ou présente dans l’aliment déclenchant alors la réaction allergique dépend de l’individu. Cela explique que certaines réaction allergiques se produisent par LA simple présence de l’aliment allergène sur le plan de travail ou sur les ustensiles de cuisine, l’allergène se trouvant ensuite en quantités minimes dans le plat cuisiné mais suffisante pour que le corps réagisse plus ou moins violemment. L’allergène peut même passer d’un individu à l’autre par un simple baiser (des faits divers dramatiques relatent ce genre de situation notamment quand le nouvel amoureux n’est pas au courant de l’allergie de sa petite amie et inversement)

Les symptômes apparaissent rapidement voir immédiatement mais ils peuvent aussi mettre quelques heures avant qu’on puisse observer les premières manifestations physiques de l’allergie alimentaire.

On distingue notamment:

  • une réaction cutanée à travers l’apparition de rougeurs au niveau de la peau, de démangeaisons, de plaques d’eczema et d’urticaire sur tout le corps.
  • une atteinte respiratoire à travers des symptômes proche de l’asthme, une toux, une rhinite…*des gonflements (œdèmes) symptomatiques au niveau des lèvres, du visage, de la langue, du palais…*une atteinte digestive à travers des nausées, des maux de ventre, une diarrhée…
  • des complications très graves si elles ne sont pas prises en charge très rapidement avec possible choc anaphylactique du patient (l’organisme réagissant de façon extrêmement intense à l’allergène), l’œdème de Quincke étant lui aussi très redouté car entrainant quant à lui un gonflement au niveau de la gorge ce qui peut provoquer l’asphyxie de la personne si les premiers soins ne sont pas effectués dans les plus brefs délais.

La prévention est donc de mise

Tout doute même minime doit vous amener à consulter car il n’y a pas de petite allergie ou d’allergie anodine et ce afin de réussir à supprimer de l’alimentation de la personne concernée tous les aliments à l’origine de l’allergie d’où la nécessité d’identifier l’agent ou les agents allergènes à travers un bilan allergologique complet.

L’éviction alimentaire sur les conseils d’un allergologue est donc le meilleur des traitement préventif mais qui dit allergie ne dit pas allergie à vie? En effet chez l’enfant notamment certaines allergies vont disparaitre d’elles-même!

Chez la femme enceinte sujette à des allergies, on lui conseillera d’éviter la consommation d’aliments allergisants et comme j’ai déjà pu le préciser, on pratiquera une diversification alimentaire tardive chez le bébé.

Le dépistage, la clé en matière d’allergies alimentaires

Il existe plusieurs types de tests qui permettront de mettre en évidence une allergie alimentaire:

  • Des patch-tests permettant par contact direct avec la peau de soumettre cette dernière à la ou les agents allergènes soupçonnés. La peau réagira ou non à ces patchs mettant alors en évidence l’allergie du patient.
  • Les prick-tests, l’allergène étant administré sous la peau grâce à une piqûre indolore.
  • Le test de provocation consiste à administrer un aliment suspecté comme problématique au patient sous contrôle médical strict.Tous ces tests cutanés s’effectueront après un entretient préalable scrupuleux de l’allergologue qui retracera les habitudes alimentaires du patient.
  • Une prise de sang que nous réalisons et qui permettra en laboratoire de doser les anticorps IgE dans le sang, les IgE ou immunoglobulines E qui sont des anticorps spécifiques crées par le système immunitaire lorsque ce dernier est soumis à une agression extérieure. En cas d’allergie, le taux d’anticorps IgE augmente fortement.
  • Une prise de sang qui permettra de doser (à travers le test (test récent) d’activation des basophiles ou TAB) ce qu’on appelle les polynucléaires basophiles à l’origine de la libération de l’histamine cette dernière étant à l’origine de tous les symptômes de la réaction allergique.

Quels sont les traitements existants?

Il n’y a pas de traitement particulier, le médecin prescrira:

  • Un régime alimentaire spécifique éliminant le ou les aliments en cause.
  • Un stylo auto-injecteur à avoir toujours sur soi pour le patient allergique en cas de choc anaphylactique afin de procéder à une injection en urgence d’épinéphrine (adrénaline)
  • Un traitement médicamenteux pour combattre les symptômes s’ils apparaissent à travers notamment des antihistaminiques.

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