Les intolerances alimentaires

25 juillet 2017

L’intolérance alimentaire, des effets à retardement

Une grande différence entre allergies alimentaires et intolérances alimentaires

Maladie de notre siècle, les intolérances alimentaires touchent de plus en plus de monde. Pas loin de 20% de la population mondiale sera touchée à un moment ou un autre de sa vie par une intolérance à un ou des aliments.
Il est donc important de distinguer l’intolérance alimentaire de l’allergie alimentaire. On a tendance à faire un amalgame entre les deux alors que si la cause reste la même, à savoir l’ingestion d’un aliment, le mécanisme allergique et les conséquences que cela engendre n’ont pas la même ampleur et la même portée même si allergie et intolérance vont indubitablement changer la vie du patient dans sa manière de s’alimenter.

En effet, une allergie alimentaire implique une production d’anticorps donc une réaction du système immunitaire quasi immédiate (manifestation physique: boutons…), la réaction pouvant être très grave (on parle d’œdème de Quincke avec risque vital, les voies respiratoires pouvant alors être bloquées par la réaction allergique et le gonflement)
Dans le cadre d’une intolérance alimentaire c’est le métabolisme qui est impliqué. En effet le corps est alors incapable de digérer correctement un aliment ou un composant de cet aliment.

Pour l’intolérance alimentaire on parle aussi d’hypersensibilité. C’est aussi ce qui la distingue de l’allergie alimentaire car un patient allergique ne pourra pas consommer l’aliment allergène sans que la réaction allergique ne se produise alors que le patient intolérant pourra parfaitement supporter l’ingestion de petites doses de cet aliment sans que les symptômes ne surviennent.

Moins impressionnante que l’allergie alimentaire de part ses symptômes (l’intolérance alimentaire provocant des troubles digestifs tels que la diarrhée, la constipation, douleurs abdominales mais aussi migraines, problèmes cutanés, rhumatismes…) c’est aussi la raison qui la rend souvent silencieuse aux yeux du patient qui peut ne pas y faire attention pendant un certain temps, prenant ces troubles pour un désordre digestif ou un soucis de santé passager et sans gravité.

C’est une maladie à retardement car elle se déclenche suite à l’ingestion répétée de l’aliment en cause à des doses habituellement supportées par les personnes non atteintes d’intolérance alimentaire ce qui rend encore plus difficile l’identification de l’aliment incriminé.

Les différentes intolérances alimentaires et les symptômes

A noter que ces petits maux du quotidien déclenchés par ces intolérances d’une – il manque quelque chose, compliquent la vie des patients avant le diagnostic mais aussi après la pose du diagnostic car c’est un véritable bouleversement alimentaire (au supermarché, au restaurant…) et de deux, ne font pas penser justement tout de suite à une intolérance alimentaire, c’est toute la difficulté du diagnostic.

On distingue quelques grandes familles d’intolérances alimentaires:

  • L’intolérance au lactose est la plus fréquente surtout chez les enfants. C’est une production trop faible de lactase (une enzyme qui a pour rôle de dégrader le lactose en sucres simples) bien trop basse dans l’intestin grêle qui engendre alors une accumulation de lactose dans le gros intestin d’où les symptômes digestifs qui apparaissent (diarrhée, flatulences, coliques abdominales, vomissements…) L’éviction alimentaire permet alors une régulation progressive de la flore intestinale.
    Comme toute intolérance, la quantité de produits laitiers consommés qui engendre les symptômes est aléatoire selon les individus.
    A noter qu’il est parfaitement possible pour un intolérant au lactose de consommer des produits laitiers en privilégiant les produits laitiers fermentés et les fromages à pâte dure, des produits où le lactose est peu présent.
  • L’intolérance au gluten (ou maladie cœliaque) est en pleine expansion, la population étant de plus en plus touchée par cette intolérance qui complique considérablement la vie du malade. En effet, le gluten, une protéine, est présent dans une multitude d’aliments consommés quotidiennement: blé, orge, seigle, pâtes, pain, bière, bon nombre de plats préparés… Dans les faits, le patient voit, au fil des années et à mesure de la consommation d’aliments avec gluten, son intestin grêle être endommagé, ce dernier ne supportant plus à terme cette protéine d’où l’apparition de symptômes avant tout intestinaux, d’un amaigrissement et d’une perte de tonus.
    Seul un régime très strict au niveau de l’éviction alimentaire, en suivant au pied de la lettre une liste d’aliments sans gluten, permettra au patient de retrouver une qualité de vie, les symptômes disparaissant progressivement.
  • On peut aussi être intolérant aux aliments contenant:
    • de la tyramine et de l’histamine, des substances que l’on trouve dans les fromages (emmental, roquefort, camembert…), la charcuterie, les poissons (thon, sardine, hareng…), les légumes (tomate, choucroute, haricots…), les fruits (les framboises, les bananes, les fraises…), le chocolat et le cacao, les alcools (vin, bière…)
    • du glutamate, un additif alimentaire utilisé en tant qu’exhausteur de goût présent (et caché) dans les sauces, les jus de viandes, les mélanges d’épices, les produits transformés au rayon conserves et surgelés.
    • de l’ovalbumine contenue dans les œufs
D’autres symptômes?

On peut voir apparaitre chez les intolérants alimentaires en plus des troubles digestifs d’autres symptômes tels que:

  • des maux de tête
  • une fatigue inexpliquée
  • des soucis de santé chronique: angine, sinusite, rhume, toux…
  • un eczéma
  • des sautes d’humeur
  • des atteintes oculaires (yeux larmoyants, enflés, rougis…)

L’intolérance alimentaire, une origine multifactorielle

L’explosion du phénomène à travers le monde trouve sa source dans diverses origines:

  • la cause numéro 1 reste notre façon de nous alimenter et plus précisément une industrialisation irraisonnée de notre alimentation qui amène les industriels (en qui on a, à tort, une confiance aveugle) à utiliser des procédés de cuisson soit disant novateurs, à ajouter des additifs à tout-va… ce qui n’est pas sans conséquences sur notre organisme, un organisme qui se fragilise au fil des années.
  • une consommation d’aliments auxquels notre organisme n’est pas habitué (huile de palme, OGM, fruits venant d’autres continents…)
  • le facteur héréditaire et génétique
  • la diversification alimentaire trop rapide chez l’enfant ce qui malmène le système immunitaire pas du tout prêt à faire face à certaines catégories d’aliments ce qui explique l’explosion des intolérances alimentaires chez l’enfant.
  • une aseptisation à l’excès de notre environnement dès l’enfance, le bébé étant mis à l’écart du moindre microbe, le système immunitaire n’ayant donc pas les opportunités d’être confronté à ces éléments extérieurs et donc de se fortifier tout au long de l’enfance.
  • les facteurs environnementaux (cigarettes, pollution…)

Le dépistage et le traitement des intolérances alimentaires

Les différents dépistages

Après un entretien avec un médecin afin d’écarter toutes autres pathologies:

  • nous vous proposons, afin de pousser encore plus loin l’identification des aliments problématiques et la mise en place d’un régime alimentaire adapté, de doser par prise de sang les IgG anti-aliments via notre laboratoire partenaire. Ces IgG ou Immunoglobulines G sont des anticorps qui ont pour rôle de défendre l’organisme contre toutes les atteintes extérieures et les aliments engendrant une intolérance en font bien entendu partie. Dès lors en cas d’intolérance alimentaire, on a pu constater que la quantité d’anticorps IgG augmentait sensiblement chez les individus intolérants. La prise de sang permet alors de discerner les aliments réactifs qui entraînent la synthèse d’IgG et donc qui sont responsables de l’intolérance afin de les éliminer des habitudes alimentaires du patient surtout quand on sait que la présence d’IgG dans l’organisme peut être responsable à terme de maladies à complexes immuns et d’autres pathologies moins graves mais tout aussi handicapantes comme les indigestions, les ballonnements, les migraines, l’eczéma…
  • nous vous proposons de détecter l’intolérance au lactose par prise de sang afin de mesurer le taux de glucose dans le sang après avoir consommé une quantité de lactose prédéfinie. (un taux qui augmente en cas d’intolérance)
  • nous vous proposons d’effectuer un test génétique d’intolérance au lactose à l’aide d’un prélèvement de cellules à l’intérieur de la joue et ce par simple écouvillonnage. (indolore)
  • nous vous proposons afin de confirmer l’intolérance au gluten de doser dans le sang les anticorps transglutaminase tissulaire (IgA tTG), les immunoglobulines A anti-endomysium (IgA EMA), les immunoglobulines A anti-gliadine (IgA AGA) et les immunoglobulines A sériques (IgA totaux).
  • nous vous proposons d’effectuer un typage génétique afin de rechercher des gènes spécifiques, les gènes HLA DQ8 et HLA DQ2 caractéristiques de l’intolérance au gluten.
  • il est possible de détecter une intolérance au lactose par un test à l’hydrogène (Breath Hydrogen Test) qui consiste à mesurer le taux d’hydrogène expiré par le patient avant mais aussi après la consommation de lactose, un taux d’hydrogène élevé évoquant alors ce type d’intolérance.
  • une analyse d’urine est même possible afin de détecter une intolérance au gluten, c’est la peptidurie
  • une biopsie de l’intestin grêle permet enfin de confirmer une intolérance au gluten
Un traitement simple et unique

Une fois le diagnostic posé, le traitement le plus efficace reste la mise en place d’un régime alimentaire sans l’aliment ou les aliments causant l’intolérance, un régime à suivre par le patient sans écart et souvent à vie.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *