Les thyroïdites

28 mars 2017

Les thyroïdites, un mal très féminin

Localisée dans la partie antérieure du cou, organe régulateur du métabolisme du corps humain, la glande thyroïde (une glande endocrine) produit 2 hormones principales: la thyroxine ou tri-iodo-thyronine (T4) et la tri-iodo-thyronine (T3), des hormones acheminées dans le corps humain dans la circulation sanguine et le système lymphatique et qui permettront aux cellules de l’organisme et donc aux organes de fonctionner et d’assurer leurs fonctions vitales. (croissance, développement nerveux…)

Dès lors une augmentation ou une baisse dans la production de ces hormones aura une conséquence sur tel ou tel organe et donc sur l’état de santé général du patient et ce que la glande agisse alors qu’elle est confrontée à une situation l’obligeant à modifier le fonctionnement de tel ou tel organe du corps humain (accélération du rythme cardiaque, augmentation la chaleur du corps humain, augmentation de la sensation de soif…) ou que cette glande soit perturbée dans sa fonction première par une maladie la touchant directement.

L’importance de la glande thyroïde est telle que les enfants qui peuvent avoir un dysfonctionnement (mauvaise synthèse des hormones thyroïdiennes) ou une malformation de la thyroïde ont souvent des retards importants dans leur croissance voir des retards intellectuels graves.
A noter que ces hormones sont fabriquées à partir d’iode qu’on trouve à l’état naturel dans de nombreux aliments d’où l’intérêt d’une alimentation équilibrée et riche en iode (crustacés, laitage, œufs, sardines…)

La thyroïdite, qu’est-ce que c’est?

Touchant surtout la gent féminine, la thyroïdite est une inflammation de la glande thyroïde.
Une atteinte de cette thyroïde perturbe donc le  »message » envoyé chimiquement aux organes par l’intermédiaire de ces hormones thyroïdiennes.
On distingue plusieurs types de thyroïdites, les thyroïdites auto-immunes, les cellules thyroïdiennes étant alors attaquées et détruites par l’organisme lui-même par l’intermédiaire d’anticorps, et les thyroïdites non auto-immunes (provenant d’un facteur extérieur)

Les différents types de thyroïdites, les causes et les symptômes

Les thyroïdites auto-immunes

On distingue plusieurs types de thyroïdites auto-immunes:

  • La thyroïdite lymphocytaire chronique (ou thyroïdite de Hashimoto)
    C’est la forme de thyroïdite la plus courante dans sa forme chronique. Souvent dénuée de symptômes, elle se caractérise cependant par la présence d’un goitre assez discret, c’est à dire une augmentation de volume de la thyroïde qui prend la forme d’une tuméfaction ferme au niveau du cou. Une hyperthyroïdie puis une hypothyroïdie peuvent apparaitre dans un second temps, l’augmentation et la baisse de la production d’hormones thyroïdiennes créant une accélération (hyperthyroïdie) et un ralentissement du métabolisme (hypothyroïdie). A terme la thyroïde est détruite par les propres anticorps du patient dirigés contre le tissu glandulaire.
  • La thyroïdite de Riedel ou thyroïdite ligneuse
    Affection rare et grave de la thyroïde à un stade avancé, elle entraîne une inflammation et une fibrose de la glande (qui perd de sa souplesse) au point que la trachée peut être comprimée, conséquence du durcissement de tout le médiastin (zone entre les deux poumons) ce qui entraine alors une altération de la respiration (dyspnée), de la déglutition (dysphagie) mais aussi de l’élocution. L’évolution tend vers une destruction de la thyroïde.
  • La thyroïdite indolore (aussi appelée silencieuse) et la thyroïdite post-partum, toutes deux souvent observées chez la femme venant d’accoucher. Ces deux maladies présentent toutes les caractéristiques de la thyroïdite de Hashimoto.
Les thyroïdites non auto-immunes

On distingue plusieurs types de thyroïdites souvent d’origine virale:

  • La thyroïdite subaiguë ou thyroïdite de De Quervain
    Bénigne et d’origine virale, elle survient notamment à la suite d’une atteinte ORL (grippe, angine, oreillons…) Elle s’accompagne de fortes douleurs irradiant vers la mâchoire et les oreilles et partant de la base du cou, d’une légère hyperthyroïdie et hypothyroïdie, de douleurs musculaires, de fièvre, d’une fatigue générale, d’un goitre léger mais douloureux, d’une accélération du rythme cardiaque et de symptômes annexes comme une dysphagie.
  • La thyroïdite aiguë d’origine bactérienne ou due à des champignons s’accompagne de douleurs localisées au niveau de la thyroïde qui aura tendance à devenir dure, de fièvre, de lésions cutanées, du gonflement des ganglions lymphatiques et d’abcès.
  • La thyroïdite parasitaire (aussi appelée maladie de Chagas) dont l’origine est un parasite, le Trypanosome.
Les symptômes les plus courants

Les symptômes les plus courants et à prendre en considération sont donc:

  • une augmentation du volume de la thyroïde ce qui conduit à la formation d’un goitre caractéristique
  • une gêne respiratoire et lors de l’alimentation

La thyroïdite peut entrainer une hyperthyroïdie, à savoir une augmentation de la production d’hormones thyroïdiennes, les symptômes étant:

  • des troubles digestifs (diarrhée…)
  • une perte de poids rapide
  • une sudation anormale
  • une soif excessive
  • une fatigue
  • une sensation de chaud
  • une perte de libido
  • une accélération du rythme cardiaque (tachycardie)
  • une peau chaude et moite
  • des cheveux cassants
  • des règles perturbées
  • des troubles du sommeil
  • une humeur changeante

ou elle peut entrainer une hypothyroïdie, à savoir une baisse de la production des hormones thyroïdiennes, les symptômes étant:

  • une prise de poids
  • une diminution du rythme cardiaque (bradycardie)
  • une peau sèche qui a tendance à épaissir
  • une constipation
  • une grande fatigue
  • des ongles cassants
  • une perturbation voir un arrêt des règles
  • des frissons, une sensation de froid
  • des douleurs articulaires, des crampes
  • une faim diminuée

Le Diagnostic et le traitement de la thyroïdite

Le diagnostic

Le médecin procèdera dans un premier temps à une palpation de la thyroïde au niveau du cou afin de vérifier si une inflammation est présente ou non.

Pour confirmer la thyroïdite,

  • on procédera à une échographie de la thyroïde
  • on pourra utiliser une scintigraphie
  • on pourra effectuer une biopsie
  • on effectuera un dosage sanguin en laboratoire de la TSH ou thyréostimuline révélateur de l’hyperfonctionnement ou l’hypofonctionnement de la thyroïde.
  • et plus particulièrement en cas de:
    • Thyroïdite de De Quervain, on procèdera à une analyse sanguine afin:
      • de cibler la vitesse de sédimentation qui a pour caractéristique d’être élevée en cas d’inflammation de la thyroïde.
      • de révéler une TSH basse
      • de révéler un taux d’hormones T3 et T4 élevé
    • Thyroïdite de Hashimoto, on procédera à un bilan sanguin thyroïdien afin:
      • de rechercher la présence d’un taux élevé d’anticorps anti-TPO
      • de rechercher la présence d’anticorps anti-TG
      • de noter un taux de T3 et T4 bas
      • de révéler une TSH haute
      • de révéler un taux élevé de gammaglobulines
    • Thyroïdite de Riedel, on procédera:
      • à un écho-Doppler afin d’écarter une autre pathologie (cancer)
      • à une dosage du taux d’hormones thyroïdiennes en général plus bas que la normale
      • à la recherche d’anticorps anti-thyroïdiens inexistant dans le cas de cette maladie
Le traitement
  • Le médecin prescrira des antibiotiques en cas de thyroïdite d’origine virale, bactérienne. (thyroïdite aiguë)
  • En cas de thyroïdite de Hashimoto, on prescrira la prise d’hormones thyroïdiennes, de cortisone voir une chirurgie en cas de goitre important.
  • En cas de thyroïdite de De Quervain, on prescrira des anti-inflammatoires non stéroïdiens afin de faire disparaitre l’inflammation en quelques semaines.
  • En cas de thyroïdite de Riedel, la chirurgie s’imposera afin de mettre fin à la compression.

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