Lupus

25 juillet 2017

Le lupus ou quand le système immunitaire se dérègle

Le lupus, qu’est-ce que c’est?

Maladie inflammatoire, le lupus, appelé aussi lupus érythémateux disséminé (LED) ou lupus érythémateux systémique (LES), fait partie de la famille des maladies auto-immunes chroniques qui ont la particularité de voir le système immunitaire s’attaquer et se défendre contre le propre corps du patient, le corps humain faisant alors face à une hyperactivité des lymphocytes. Les cellules de l’organisme sont alors visées et détruites, le lupus pouvant toucher tous les organes du corps humain que ce soit le cœur, les reins, la peau mais aussi le cerveau… A noter que si le lupus touche sans distinction les adultes et les enfants, ce sont surtout les femmes (de 15 à 40 ans) qui en souffrent le plus, la cause étant alors hormonale (les œstrogènes chez la femme ce qui explique que les femmes enceintes soient particulièrement touchées) mais aussi due au chromosome X, les cellules de la femme étant porteuses de 2 chromosomes X. (un chromosome X porteur de gênes du système immunitaire, système immunitaire déréglé en cas de lupus).
En temps normal les anticorps (protéines), qui ont pour but de protéger l’organisme de toutes les atteintes extérieures, se fixent sur ces dernières, on appelle alors ces anticorps des antigènes qui permettent de faire barrage à ces agressions. Or en cas de lupus, il y a une attaque par erreur par l’organisme de toutes ces cellules et des tissus sains qui n’ont pourtant pas été marqués par ces antigènes spécifiques, ces derniers aidant normalement l’organisme à identifier tous les éléments n’appartenant pas à l’organisme.

En cas de Lupus les anticorps appelés auto-anticorps produisent une inflammation des cellules et des tissus sains conduisant alors aux symptômes du lupus.

Les causes connues de l’apparition du Lupus

Les causes du déclenchement du lupus sont encore floues pour la sphère médicale même si le facteur héréditaire donc génétique et les facteurs environnementaux sont privilégiés: le tabac, les rayons UV du soleil, les pesticides, certains virus comme celui de la mononucléose infectieuse (virus d’Epstein-Barr) mais aussi certains médicaments (on parle alors de Lupus induit)… C’est plus précisément une combinaison de facteurs qui déclenchent l’apparition du Lupus chez un individu.

Les symptômes du Lupus

On peut distinguer plusieurs types de Lupus qui s’accompagnent de signes cliniques caractéristiques, le principal, et touchant de l’ordre de 70% des malades, étant une atteinte cutanée très spécifique qui a tendance à s’aggraver au soleil.

On parle alors:

  • de Lupus discoïde: ce dernier se caractérise par des lésions au niveau de la peau, une éruption cutanée qui se distingue par un aspect circulaire au niveau du visage, du cuir chevelu, du tronc ou des extrémités. Les organes internes du corps ne sont alors pas touchés mais les cicatrices qui font suite à ces lésions sont très fréquentes.
  • de Lupus érythémateux systémique (LES): ce dernier peut s’il n’est pas traité affecter tous les organes du corps humain, les complications peuvent donc être graves avec un pronostic vital engagé du malade, l’atteinte des organes se traduisant par exemple par une toux, une difficulté à respirer (atteinte des poumons) ou une arythmie (atteinte du cœur).

Chaque individu étant unique (ce qui ne facilite pas le diagnostic du médecin), il se traduit par:

  • des épisodes inflammatoires au niveau des tendons, des articulations et des muscles
  • de la fièvre
  • une fatigue inexpliquée
  • une augmentation de la taille des ganglions lymphatiques (adénopathie)
  • une chute de cheveux inexplicable
  • une perte de poids inexpliquée
  • des nausées, des vomissements
  • des maux de tête
  • une photosensibilisation
  • une éruption cutanée en ailes de papillon sur les joues et les ailes du nez (aussi appelée érythème en « vespertilio »)

Tous ces symptômes peuvent disparaitre et être en rémission pendant de nombreuses années, le Lupus se tapissant alors dans l’ombre jusqu’à une nouvelle apparition des symptômes (le Lupus est une maladie chronique).

La prise de sang va alors aider le médecin à confirmer le diagnostic de Lupus suite à la survenue de ces symptômes.

Le Dépistage du Lupus par analyses sanguines

La prise de sang en laboratoire permet de dépister un possible Lupus (et de ne pas le confondre avec une autre maladie) mais aussi de surveiller et d’évaluer son avancée et ce de différentes façons:

  • par la mise en évidence d’anomalies comme l’anémie à travers la baisse de la quantité de globules rouges dans le sang, la baisse du nombre de globules blancs dans le sang (lymphopénie) ou la baisse des plaquettes (thrombopénie)
  • par la mise en évidence d’un taux élevé d’immunoglobulines
  • par la mise en évidence d’une vitesse de sédimentation plus élevée que la normale
  • par la mise en évidence de la présence d’anticorps spécifiques, les auto-anticorps anti-nucléaires, mais aussi en complément par la présence d’auto-anticorps anti-ADN, anti-SSA/SSB, anti-Sm, antiphospholipides, ces anticorps attaquant le noyau des cellules saines, la simple présence de ces anticorps étant alors le signal de la mise en route d’une réaction immunitaire qui se dirige alors contre les propres cellules du malade.
  • par la mise en évidence de l’atteinte des reins par le dosage de l’urée et de la créatinine

De plus, des examens complémentaires vont permettre de suivre ou de confirmer la maladie :

  • une biopsie cutanée et/ou rénale
  • une analyse d’urine toujours pour vérifier la fonction rénale
  • une radiographie du thorax afin de surveiller le cœur et les poumons couplée avec un électrocardiogramme
  • un IRM (atteintes neurologiques)

La liste est bien entendu non exhaustive.

Le dépistage est essentiel afin de mettre en place un traitement médicamenteux qui réduira voir supprimera les symptômes du Lupus afin de d’éviter avant tout une atteinte irréversible des organes vitaux. Le but est dans tous les cas une réduction de l’hyperactivité du système immunitaire au plus vite. Le confort de vie du patient est donc nettement amélioré mais la maladie n’est pas guérie, cette dernière restant une maladie chronique.

Les traitements reposent sur la prescription d’anti-inflammatoires, de corticoïdes, d’immunosuppresseurs, sur le traitement des lésions cutanées (à base de crèmes) mais aussi sur un aspect préventif (arrêt du tabac, protection contre le soleil, une bonne hygiène de vie globale).

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