Polyarthrite rhumatoïde

25 juillet 2017

La polyarthrite rhumatoïde, une maladie auto-immune fréquente

Maladie inflammatoire chronique (aseptique donc non infectieuse) et auto-immune ayant pour caractéristique de survenir par poussées, la polyarthrite rhumatoïde (ou arthrite chronique) est la maladie inflammatoire des articulations la plus courante. Elle touche d’ailleurs plus fréquemment les femmes (entre 30 et 60 ans, notamment celles qui atteignent la ménopause) que les hommes, rarement les jeunes patient(e)s.

Le corps du malade produit alors des anticorps spécifiques qui vont attaquer la membrane synoviale, c’est à dire le tissu qui recouvre l’intérieur des articulations et qui a pour but de produire le liquide synovial, ce dernier permettant la lubrification des articulations donc le bon fonctionnement de ces dernières.

Dites systémique (car touchant plusieurs articulations à la fois) l’inflammation engendrée par la polyarthrite rhumatoïde va faire gonfler les articulations et entrainer une production excessive de liquide synovial qui s’épanche au niveau de l’articulation ce qui entraine à terme une déformation de cette dernière, la maladie provoquant des lésions au niveau du cartilage, des tendons, des ligaments, des muscles et de l’os.
Les articulations les plus touchées sont celles des mains, des poignets, des genoux et du pied mais certaines formes très agressives peuvent aussi toucher des organes tels que le cœur ou les poumons.

Les causes et les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde

Les causes possibles de la polyarthrite rhumatoïde

Seules des hypothèses concernant le dérèglement soudain ou progressif du système immunitaire et donc par extension de l’apparition de la polyarthrite rhumatoïde ont pu être mises en avant par le milieu médical.
Dès lors, malgré ces incertitudes sur le ou les facteurs déclencheurs, des facteurs aggravants peuvent être listés, ce sont les suivants:

  • la génétique, la présence des antigènes HLA-DRB1, HLA-DRB4 et PTPN22 ayant été repérés chez un nombre signifiant de malades atteints de la polyarthrite rhumatoïde
  • le tabagisme (y compris le tabagisme passif)
  • la pollution de l’air (action des microparticules dans l’air…)
  • une cause hormonale (d’où une propension plus importante de malades chez les femmes qui atteignent la ménopause)
  • une mauvaise alimentation (surpoids…)
  • le stress (suite à un divorce, suite à un décès, inhérent au travail…)
  • les grossesses à répétitions ou une prise de contraceptifs très tôt dans la vie de la patiente ayant développé la maladie

Les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde

Évoluant par poussées (plus ou moins sévères selon les individus) donc avec des phases où les symptômes de la maladie se font plus discrets voir disparaissent, ces derniers vont s’aggraver et évoluer avec le temps surtout si aucun traitement n’est mis en place. Les articulations touchées sont essentiellement celles des mains et des pieds mais la maladie (plus elle s’installe) peut aussi toucher celles des hanches, des genoux, des épaules, des coudes, des vertèbres cervicales…

Dès lors on peut distinguer un certain nombre de symptômes caractéristiques de la maladie qui entrainent à terme pour le patient une grande difficulté dans l’utilisation des membres touchés:

  • un gonflement au niveau des articulations, c’est à dire un œdème caractéristique qui va toucher les articulations de façon symétrique ce qui signifie par exemple que les deux poignets seront touchés ensemble. Une rougeur caractéristique va accompagner ce gonflement.
  • des douleurs et des raideurs bilatérales et symétriques des articulations surtout ressenties en fin de nuit et au réveil, ce qui rend ce dernier extrêmement difficile pour le patient. (le malade ayant en général besoin d’une grosse heure le matin pour « émerger »)
  • une grande fatigue couplée à une perte de poids liée à une perte d’appétit
  • une fièvre lors des poussées

A noter que les déformations (qui rendent la maladie réellement handicapante à terme) peuvent prendre plusieurs formes selon les membres:

  • des mains à l’aspect en dos de chameau et dont la peau est amincie
  • des doigts en maillet, en col de cygne…
  • des poignets en touche de piano
  • des pieds qui peuvent prendre une forme triangulaire
  • des orteils en griffe, en coup de vent…
  • des genoux, des hanches, des épaules qui se raidissent

Une maladie installée depuis plusieurs années laissera apparaitre d’autres symptômes additionnels tels:

  • qu’une inflammation qui se propage à d’autres articulations de façon exponentielle
  • qu’une difficulté de plus en plus grande à se mouvoir, à utiliser ses mains… du fait des déformations importantes engendrées par la maladie
  • qu’une apparition de nodules sous la peau
  • qu’une propagation de la maladie à d’autres organes (une pleurésie au niveau des poumons, un syndrome de Gougerot-Sjögren qui entraine une sécheresse au niveau des yeux et de la bouche, une atteinte des artères, une atteinte des reins, une atteinte des valves cardiaques…)

Diagnostic et traitement de la polyarthrite rhumatoïde

Les examens qui vont confirmer la polyarthrite rhumatoïde

Les symptômes cliniques laissant présager une présence de la maladie vont être confirmés par un ensemble d’examens. Diagnostiquer la polyarthrite rhumatoïde au plus vite permet ainsi de stopper l’évolution de la maladie en empêchant l’apparition d’autres lésions et des déformations donc d’éviter au malade un réel handicap futur.
On va donc:

  • réaliser (et c’est primordial) une prise de sang afin de mettre en évidence le processus inflammatoire qui se caractérise par une vitesse de sédimentation plus élevée que la normale, par une présence du facteur rhumatoïde et des auto-anticorps anti-peptides citrullinés (ou anticorps anti CCP), par une augmentation de la protéine C-Réactive (PCR). L’analyse sanguine est donc l’examen le plus sûr pour diagnostiquer la polyarthrite rhumatoïde.
  • réaliser une radiographie de toutes les articulations douloureuses, des radios réalisées à plusieurs stades de la maladie afin d’effectuer un suivi très strict de son évolution.
  • réaliser si besoin un IRM, une échographie voir une analyse du liquide synovial

Le traitement de la polyarthrite rhumatoïde

La précocité du diagnostic permet de débuter le traitement le plus rapidement possible ce qui en fera par conséquent un traitement d’autant plus efficace afin notamment:

  • de contrôler la maladie et de diminuer les problèmes articulaires déjà rencontrés par le patient
  • de mettre un frein au développement de la maladie et de toutes les conséquences de cette dernière notamment la déformation des articulations et à moyen ou long terme le handicap sous-jacent si aucun traitement n’était mis en place
  • d’améliorer la qualité de vie du patient notamment par la diminution des symptômes (douleurs…) et des poussées

Les traitements reposent sur:

  • la prise d’antalgiques, de corticoïdes (par injections / infiltrations ou non; les injections étant les plus efficaces lors des poussées) et d’anti-inflammatoires pour soulager les douleurs et diminuer les raideurs dans les articulations.
  • la prise d’immunosuppresseurs (méthotrexate) afin de s’attaquer à l’évolution de la maladie
  • la prise de traitements biologiques ou biothérapies
  • une chirurgie en dernier recours (synovectomie, changement de l’articulation)
  • le suivi de séances de kinésithérapie, d’ergothérapie
  • le suivi d’un régime alimentaire adapté

La surveillance médicale régulière du patient atteint est alors essentielle afin de suivre au plus près l’évolution de la maladie pour adapter si besoin le traitement médicamenteux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *