Le virus Zika

24 juillet 2016

Un virus médiatisé que très récemment

On parle du virus Zika depuis quelques années seulement dans les médias mais sa découverte n’est pas récente contrairement à ce que l’on pourrait penser. En effet dès 1947 on trouve la présence de ce virus chez un singe dans la forêt de Zika (d’où son nom). Un an plus tard en 1948 on décèle le virus Zika chez un moustique tigre (aussi appelé Aedes). Sa transmission à l’homme est officiellement confirmée et reconnue dès 1954 en Afrique, le continent Africain étant considéré comme le berceau de ce virus.

Il faut attendre 2007 pour faire face à une véritable épidémie dans les îles Yap en Micronésie. Essentiellement cantonné aux régions tropicales d’Afrique et d’Asie dans un premier temps, le virus s’est depuis propagé notamment en Amérique mais aussi en Europe.

Une relative panique s’est installée dans l’esprit de bon nombre de voyageurs, ce qui doit amener à de multiples précaution et à une prévention concernant ce virus. Ces craintes sont parfaitement compréhensibles lorsqu’on sait que la méthode de propagation est malheureusement d’une simplicité terrifiante. En effet une simple piqûre de moustique suffit pour contracter cette maladie.

Le moustique tigre comme principal vecteur de contamination

Le virus Zika fait partie de ce qu’on appelle les arbovirus, c’est à dire un virus transmis par les insectes, un virus faisant partie des Flavivirus, de la famille des Flaviviridae où l’on peut lister entre autre le virus de la dengue, de la fièvre jaune mais aussi le tristement célèbre chikungunya. Le virus Zika est principalement transmis par les moustiques tigres, un type de moustique très agressif et facilement reconnaissable à sa particularité physiologique à savoir la présence de rayures noires et blanches sur le corps et les pattes, moustique tigre aussi responsable de la transmission de bien d’autres maladies.

Le mode de contamination explique l’expansion de la maladie à l’échelle planétaire. En effet, le moustique devient porteur du virus lorsque ce dernier pique un patient infecté. Le moustique porteur du virus Zika devient alors lui-même le vecteur vivant et « volatile » d’une contamination massive ce qui explique la rapidité de propagation du virus géographiquement parlant.

On a même pu constater une transmission dans certains cas (même s’ils sont rares) du virus d’Homme à Homme sans vecteur extérieur lors de rapports sexuels mais aussi lors de l’accouchement. On peut même extrapoler à une contamination par contact avec la salive ou l’urine, ce virus ayant été découvert dans les liquides biologiques de personnes contaminées.

Les symptômes du virus Zika

Après une période d’incubation de 3 à 12 jours concomitante à la piqûre de moustique, les symptômes se manifestent chez environ 20% des patients infectés ce qui signifie que près de 80% des personnes piquées par un moustique infecté ne se rendront compte de rien.

De plus le diagnostic est souvent très compliqué à poser car les symptômes cliniques se rapprochent très fortement de virus comme la dengue ou la fièvre jaune. On peut alors lister ces symptômes qu’on peut qualifier de bénins: fièvre (plus ou moins forte) (d’où le nom de fièvre Zika), éruption cutanée, maux de tête, conjonctivite, œdèmes, douleurs musculaires et articulaires, troubles digestifs… ces troubles disparaissant d’eux-mêmes dans la plupart des cas dans un laps de temps d’environ une semaine. Le virus reste donc un virus qui ne demande pas une surveillance médicale particulière.

Des complications rares mais graves

Si les symptômes disparaissent chez la plupart des patients, il ne faut absolument pas négliger les complications qui peuvent survenir. En effet on peut en distinguer deux principales. On a pu constater de graves atteintes neurologiques chez certains patients entrainant une paralysie des membres inférieurs. C’est ce qu’on appelle le syndrome de Guillain-Barré, une paralysie ascendante qui remonte vers la cage thoracique avec dans les cas les plus graves une impossibilité pour le patient de respirer avec une obligation d’hospitalisation en soins intensifs.

La plus grave des complications touche les femmes enceintes infectées pendant la grossesse, le fœtus (et les cellules souches donnant naissance au cerveau) étant alors lui aussi touché par le virus de façon intra-utérine. Les conséquences sont alors catastrophiques avec des cas de microcéphalies chez le nouveau-né (malformation de la boite crânienne qui s’avère alors plus petite que la normale), le développement cérébral (donc moteur) de l’enfant étant alors atteint de façon irréversible.

Suis-je contaminé(e)? Quels tests effectuer?

Vous êtes de retour de voyage suite à un séjour dans une zone à risques ? Vous avez un doute suite à l’apparition d’un ou plusieurs symptôme(s) que j’ai pu lister? La prise de sang (méthode immuno-enzymatique ELISA ou recherche par RT-PCR), un prélèvement urinaire ou salivaire sont les seuls moyens fiables pour savoir si vous êtes contaminé(e) ou non. Contactez-nous pour plus d’informations.

Les traitements existants

Malheureusement il n’existe aucun traitement antiviral et encore moins de vaccin contre le virus Zika. On ne peut dès lors que traiter les symptômes avec la prise notamment d’antalgiques. Votre médecin traitant sera le seul habilité à établir une ordonnance concernant la prise de ces médicaments, certaines interactions notoires ayant été constatées (hémorragie et prise d’aspirine par exemple) l’automédication est donc à éviter absolument!

A noter cependant que des recherches sont en cours, des anticorps ayant été découverts, ces derniers neutralisant le virus Zika mais aussi celui de la dengue (les deux virus ayant de nombreux points communs). Si les tests sur la souris sont prometteurs, l’espoir d’un vaccin pour l’homme tient aux futurs essais humains.

Prévention et bon sens

Éviter l’infection par le virus Zika, c’est éviter la piqûre de moustique, il n’y a pas d’autres moyens. Pour éviter la conséquence il faut traiter la cause dans les zones endémiques. La propagation du virus se faisant de façon rapide et incontrôlée, des conseils de bon sens sont à suivre partout dans le monde là où les facteurs de chaleur et d’humidité sont réunis, deux facteurs nécessaires à l’apparition des moustiques. Le moustique tigre aime les eaux stagnantes qui deviennent alors des zones parfaites pour la prolifération des larves. Les jardins doivent donc être passés au crible pour vous débarrasser de tous les foyers potentiels: pots de fleurs, gouttières mal-entretenues…

Bien entendu tous les voyageurs veilleront à la plus grande prudence. Ils penseront à prendre dans leurs bagages des vêtements amples et longs, une moustiquaire, des répulsifs, des insecticides… afin de se protéger la nuit certes mais aussi le jour. Les relations sexuelles non protégées sont bien entendu à proscrire dans les zones endémiques.

On conseillera aux femmes notamment dans les zones à risque de reporter tout projet de naissance et d’en parler bien entendu à leur médecin.

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